Le "lâcher prise" est devenu la bouteille à l'encre des suggestions
quotidiennes. "Tu as un problème? Lâche prise, et tout ira mieux."...
Ce thème du lâcher prise vient incontestablement des pratiques orientales de méditation - en particulier de ce que l'on appelle le non-attachement, qui est au cœur
des pratiques bouddhistes, et qui trouve une origine dans le yoga.
Cependant, le lâcher prise confronte toujours à une contradiction dans les termes.
Car lâcher prise, ce n'est pas "lâcher l'affaire" (pour employer le langage d'aujourd'hui)! Lâcher prise, ce n'est pas tout arrêter. Ce n'est pas renoncer, se retirer du jeu ou de l'action.
C'est peut être bien le contraire : continuer. Ne pas se bloquer, se figer dans une position. Ne pas s'arrêter sur une croyance, une fausse alternative, un supposé choix sur lequel on ne
parvient pas à trancher. Laisser l'énergie circuler. Rester dans le mouvement.
Peut-être que lâcher prise, c'est "laisser faire". Laisser faire la circonstance, la "situation", le moment. Se fondre dans la vague pour profiter de son énergie
...'identifier cette chose fugace, sensible, ce petit décalage qui suffit parfois à mettre en harmonie notre désir profond, inconscient, avec ce que nous sommes dans l'instant.
Le lâcher prise n'exclut pas la volonté. Il invite à la souplesse de l'esprit.
Bonne lecture!
Dimanche 30 septembre 2007
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